Break it!

Rencontre avec le danseur Salah, le chorégraphe Mourad Merzouki et la productrice Carole Mangold, après la projection du documentaire “Break it, quand le geste défie l’espace” (2007), dans le cadre de la 1ère édition du Festival Kalypso (novembre 2013).

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6 ans après la réalisation du film…

Salah : « ça fait du bien de revoir ce film… je vais appeler ça un film documentaire, toutes les personnes que vous avez vu ont été vraies, toutes ont évolué…

Actuellement Lilou, avec son groupe Pokémon ont été double champion du monde en équipe, il est aussi champion du monde en solo Red Bull BC One et là il est en Corée et va faire sa 3e session pour les 10 ans du Red Bull BC One. David Colas a gagné le Dance Delight en duo, et il va faire je pense une tournée mondiale parce que le duo est incroyable, Rodolphe lui a tiré un trait à la danse, il fait autre chose, il est très heureux, il a des enfants, il a sa femme. Laos est architecte et il danse aussi pour le fun, je l’ai revu récemment. Je les ai tous revu, sauf Rodolphe, Nono, je n’ai pas de nouvelle de lui, je pense qu’il danse encore… »

Mourad Merzouki : « Oui, il continue, mais là il passe plus à la création, il répond présent aux auditions pour les chorégraphes… »

Salah : « C’est bien de laisser dormir un film, quand tu le revois, avec le recul, je le regardais comme si je n’étais pas dedans, même en me regardant j’essaie de me dire, je ne le connais pas, et… ce qui est marrant, c’est qu’il y a un film qui vient de sortir qui s’appelle « Battle of the Year » avec Chris Brown, si vous regardez les deux aspects, ce sont toujours les films qui ont les plus petits budgets qui ont les vrais racines.

Ils ont dépensé des millions, j’ai été à la première européenne en Allemagne, il y a des danseurs incroyables, mais l’histoire reste banale, et là quand tu vois ça, tu te dis pourquoi c’est pas ce budget qu’on donne à un film comme ça.

Vous avez vu beaucoup de choses dans la rue, il y a eu des choix, Laos voulait mettre le point sur Châtelet Les Halles, parce que c’était le point culte, Lilou : Lyon car c’est là où il a commencé la danse, moi c’était Châtelet puis certains spots très importants, David : Marseille où il y a les petits coins de rues… on voit où ils sont nés, où ils ont appris à danser.

Je vous invite à regarder l’autre film, vous allez voir la différence, vous allez voir le côté hollywoodien, l’histoire banale comme d’hab, et quand je vois ça, ça me marque, ça me touche, je suis vexé, parce que c’est avec de la qualité et avec le moins de budget qu’on fait quelque chose d’incroyable…

C’est ça qui m’a marqué, de prendre du recul. Par rapport aux battles, tout est dit, jusqu’à aujourd’hui 2013, le break a fait un bond énorme. A l’époque c’était juste incroyable de rester sur une main et de rester en gravité, maintenant ils font 30 tours sur la tête, je compte même plus, il y a des records du monde, le niveau en break a énormément progressé, il y a maintenant des demandes partout… »

Une femme dans le public : « Mais au delà de la performance, des 30 tours, le côté artistique à développer, tu le retrouves ? »

Salah : « quand un danseur veut vraiment aboutir à son art, par exemple quelqu’un qui veut tourner sur la main, quand tu tournes une fois sur la main et que tu as la sensation, tu veux toujours aller au dessus, après un tour, tu veux faire 10, puis après 10, tu te dis, est-ce que je vais réussir à faire 15, 20… C’est plus un côté personnel qu’un côté artistique, 30 tours… tout dépend comment la personne va le faire, si elle met un drap ça va être artistique, mais c’est un choix personnel »

La femme : « Mais c’est justement des personnalités comme la tienne qui peuvent aller au delà de la performance et dépasser, amener du rêve… c’est pouvoir conjuguer la performance et une qualité artistique, une recherche d’expression… moi personnellement je m’en fiche qu’on fasse 20, 30 tours, s’il n’y a pas d’émotion… »

Salah : « Oui, mais après c’est le choix des danseurs »

La femme : « Ton personnage est merveilleux et ce sont des personnes comme toi qui donnent envie de s’intéresser au Hip Hop. Pour porter un intérêt à ce que font les autres, il faut qu’on trouve une esthétique »

Mourad Merzouki : « Ce qui fait la force de la danse Hip Hop, c’est que justement elle a su évoluer, c’est ce que disait Salah, il y a 15-20 ans, ce n’était pas la même chose de ce qu’on voit aujourd’hui, cela a énormément évolué techniquement : les battles, c’est une danse de compétition, de démonstration, c’est une danse spontanée, généreuse et qui se pratique encore aujourd’hui dans la rue, et c’est une force pour cette danse là, mais en parallèle elle a su évoluer aussi du côté artistique.

Certains se sont posés la question de : qu’est ce que je fais de ces 30 tours sur la main, sur la tête, qu’est ce que je fais de ce vocabulaire, et il y a eu ce désir de l’emmener sur une scène, de raconter des histoires, de faire des spectacles avec des costumes, avec des lumières, avec un travail musical, et c’est ça qui est intéressant dans cette culture, dans cette danse, c’est qu’aujourd’hui le Hip Hop n’est pas que dans les battles, que dans la rue, et n’est pas non plus que sur une scène, les uns et les autres ont plaisir à faire des va-et-vient entre l’artistique et le démonstratif, la compétition, et je me souviens les premières années quand le Hip Hop est arrivé en France, on disait, cela ne va pas durer, c’est un courant, une mode, c’est éphémère et là on fête les 30 ans de cette danse, c’est ce qu’il faut saluer dans cette culture, c’est qu’elle est constamment connectée avec la société, avec le quotidien, et en même temps il y a ce désir d’évoluer, de progresser techniquement et artistiquement. Aujourd’hui, les chorégraphes se posent la question de comment mettre en place leurs spectacles »

Carole Mangold : « Ce qu’on disait dans le film aussi, c’est comment la danse est nourrie par le travail des autres danseurs, comment moi j’évolue, qu’est ce qui me nourrit, qu’est ce qui m’inspire, et c’est à la fois dans les compétitions que ça se passe, mais c’est aussi dans l’espace, dans ce qu’on voit puisque ce sont des artistes qui sont sensibles, qui sont réceptifs à ce qu’il y a autour d’eux et ils évoluent aussi en fonction de la société, on ne dansait pas ainsi il y a 30 ans, on danse différemment de ce qu’on voit dans le film aujourd’hui, la danse va encore évoluer techniquement mais aussi artistiquement, elle se nourrit, elle s’influence, j’ai vu aussi des mélanges de danse Hip Hop avec du tango, des rencontres artistiques surprenantes qui nourrissent le geste du danseur.

C’est ce qu’on dit dans le film, c’est le sous-titre : quand le geste défie l’espace, c’est : qu’est ce qui va nourrir ma danse ? qu’est ce qui va m’influencer ? où est-ce que j’ai envie de l’amener et moi dans ce que j’ai envie d’exprimer. Comme le dit Salah : ce que j’exprime moi, je parle avec mon cœur, voilà ce que j’ai envie de montrer, je suis généreux, je donne et j’échange. Et ce qui fait qu’elle va continuer à évoluer et exister c’est qu’elle est dans une volonté d’échange perpétuel »

Mourad Merzouki : « on peut saluer cette démarche parce que tu ne viens pas du Hip Hop, tu as été sensible à ces danseurs, à cette énergie… quand on regarde ce documentaire, on est touché par des individus au delà de ce qu’on peut voir dans leur danse, par ce qu’ils dégagent, la manière dont ils s’expriment, dont ils racontent leur amour pour la danse… c’est ce qu’il faut saluer, surtout en ces temps, ce qu’on voit à la télévision, ce qu’on entend par rapport aux jeunes qui viennent des quartiers, par rapport à l’image aussi qu’a véhiculé le Hip Hop où on réduit cette culture à des jeunes à casquettes alors qu’en réalité c’est un travail qui est derrière, c’est une pensée, c’est un courant, il y a une énergie et la manière dont c’est filmé, cela valorise toute la démarche de ceux qui pratiquent la danse Hip Hop. Le regard change et on s’éloigne du cliché des petits jeunes de banlieues comme malheureusement on peut le voir assez souvent à la télévision. Là il y a un vrai travail artistique, la manière dont c’est pensé, dont c’est filmé…»

Un homme : « Il me semblerait intéressant de revenir à l’origine même, et je crois d’après ce que j’ai pu suivre, je ne suis pas du tout spécialiste, que le Hip Hop est né dans les immeubles où les jeunes n’avaient pas de place pour s’exprimer et ils étaient dans les sous sols, ils ‘exprimaient comme ils en avaient envie, en fonction de leur personnalité, mais surtout en fonction de ce qui leur était imposé, c’est à dire être en sous-sol, dans une cage, avec peu d’espace, et ce souci de la culture occidentale qui vient du sport et en particulier de la gymnastique, et on retrouve beaucoup des gestes qu’on fait au cheval d’arçon, le passage des jambes et ainsi de suite, à mon avis viennent de là, mais l’esprit totalement différent, dans le sport, il fallait avoir les pieds bien tendus pour ne pas avoir de fausses notes et là il s’agissait de réjouir les copains, par des choses totalement inventées et différentes, donc cela empruntait à la gymnastique, peu à mon avis à la danse, mais surtout cela s’est créé par rapport à une musique qui s’est logée là dessus dans un espace extrêmement clos et il me semble que vous en sortez à chaque fois de cette espace mais avec le retour aux origines. Ce qui fait que le Hip Hop est venu à mon avis à part entière sur quelquechose de nouveau, sur un fait de civilisation capitaliste et vous portez des valeurs qui sont autres que les valeurs capitalistes que l’on voit quand on va soit à l’Opéra, soit même quand on va à un spectacle de gymnastique sportive »

Carole Mangold : « Je pense qu’ils sont même à l’opposé, l’idée du Hip Hop, c’est de faire avec ce que l’on a, on s’adapte à ce qu’on a et on compte sur soi, sur son corps, sur son énergie, on le fait avec le cœur et là on est à l’opposé du monde capitaliste. Que ce soit le danseur, il danse avec ce qu’il a sur lui, avec l’énergie qu’il a en lui, en disant, je vais être plus doué, comme disait Kool Shen, « moi je me sens mieux au sol », ils n’ont pas d’espace pour danser, ils ne peuvent pas louer des salles ou créer des évènements donc, ils se mettent là, ils sont dans les sous-sols, ils mettent un lino dehors comme ils le disent aussi très bien, ils font comme ils peuvent, comme l’ont fait les graffeurs au tout début en détournant les bombes, on fait avec ce qu’on a, on invente, on créé, on ne va pas à l’école, on ne prend pas de cours, mais on est à un niveau qui est largement au delà de ce que peuvent faire les sportifs de haut niveau, les gymnastes et autres, parce qu’il y a cette énergie, cette envie, c’est fait avec le cœur, c’est pas fait dans un souci de gagner sa vie ou de gagner de l’argent, c’est dans un souci de se faire plaisir, d’échanger, de partager et d’aller vers l’autre. Donc on est dans des valeurs qui sont humaines et profondes… »

Un homme : « oui mais j’ai une crainte extrêmement importante, c’est que finalement comme dans toute société capitaliste, on n’aille dans votre danse vers quelque chose qui cherche l’exception, hors au départ cela ne semble pas ça…

Est-ce que vous ne risquez pas, mais il y a certainement différents courants et différentes manières de s’engager dans le Hip Hop qui fait que cela serait dommage de retomber dans un système du genre capitaliste qui cherche la performance à tout prix…? »

Salah : « David Colas a dit : avec la danse Hip Hop, cela reste quelque chose de magique , on peut le faire n’importe où, moi j’ai commencé en 1995, on arrive en 2014, je peux vous dire que le Hip Hop ne s’arrête pas et il a pris une ampleur : Kazakhstan, Ouzbékistan, des pays où jamais le Hip Hop n’a pu mettre les pieds là-bas, et là ils sont en train de danser là-bas, ils nous connaissent via youtube, on est leur super héros (ceux que vous avez vu dans ce film), et pour moi, pourquoi elle ne sera pas comme dans un cube, comme la danse classique qui est une danse très académique, parce que justement, c’est une danse qui est ouverte, il n’y a pas d’angle… on peut le faire n’importe où, c’est une danse qui évolue et qui n’a pas de limite.

Ca fait maintenant 18 ans que je suis dedans, peut-être qu’il y a des hauts et des bas comme toutes les danses, comme tous les sports de haut niveau, la danse Hip Hop elle a été inspirée de l’art martial et de la gym, c’est vraie, mais elle a été “inspirée”, et la danse Hip Hop on dit bien “danse”, il y a une rythmique et dans ce qui est olympique, ils ne dansent pas, on ne les voit pas groover et nous on leur montre qu’avec un art qui se fait au sol et debout, il n’y a pas de limite…

Je vous le prouve, je suis encore là, et je vois énormément de danseurs partout dans le monde, je suis revenu du Japon il n’y a pas longtemps, je pars en Inde là, cela fait 8 ans qu’il demande après moi, je n’ai pas pu y aller parce que j’étais dans d’autres pays. Bengalore, c’est là où je vais, toutes les villes d’Inde se déplacent parce que je vais être là-bas et pour moi c’est un honneur mais à la fois ça fait un peu peur, on dirait que c’est un président qui arrive et eux me disent : dis-toi qu’on te suit depuis 1995 et on n’a jamais pu te connaître et là, ça va être l’opportunité pour eux de voir cette danse, l’échange avant tout c’est très important, en tant que français car je suis fier de montrer cet échange là et justement par rapport à mes racines… pour leur dire que le Hip Hop, il n’y a pas de limite… ils ont attendu 8 ans, ils ont été patient, c’est pour ça que je vous dit que c’est avec la patience… »

Un homme : « Une question… je suis prof de gym à la base, sur le plan physiologique, il y a des choses qui me feraient mal… »

Salah : « je vous confirme ! »

Un homme : « et à vous voir là, je me dis que j’ai tord… en particulier ce que vous faites sur une main avec des rotations de la colonne vertébrale, la souplesse que vous demandez à la colonne vertébrale…, bon quand je vous vois ça me rassure quelque part… »

Salah : (en souriant) « tout va bien. Quand on a débuté la danse, on n’a jamais pensé au stretch et à l’étirement, et les techniques de souplesse que vont faire les yogis, ceux qui travaillent sur le pilate ou ceux qui font de la gym…

Nous, c’est directement amener le sol, comme a dit Laos, le sol, ça peut être lourd, ça peut être léger, mais c’est en fonction de toi, de ce que tu veux faire avec le sol, tu peux vraiment te faire mal comme tu peux vraiment glisser comme de l’huile que tu mettrais sur toi. Maintenant, avec du recul et de l’expérience, on se blesse, mais une blessure, on ne va pas la refaire, quand par exemple j’ai sauté sur les mains, je ne connaissais pas l’amorti, donc à force d’avoir donné des à-coups, je me suis pris des tendinites pendant 1 an, et croyez moi qu’après vous n’avez pas envie de revivre ça, donc après on a des techniques d’entrainements. Moi maintenant, à l’âge de 34 ans, je fais un renforcement musculaire, ça a changé ma vie, je me sens bien, mais c’est dommage qu’en tant que danseur à l’époque, on n’a pas fait cette fusion avec le CrossFit, le renforcement musculaire et la danse parce qu’il y aurait eu moins d’accidents, plus de sécurité et plus de performances. Et c’est vrai qu’au début j’ai côtoyé l’hôpital…»

Une femme : « Moi j’ai une question sur l’évolution… parce qu’on voit dans le film qu’il y a beaucoup d’hommes, maintenant je voulais savoir s’il y a plus de filles ou si cela reste très masculin comme sport ? »

Mourad Merzouki : « c’est une question qui revient souvent par rapport à la danse Hip Hop, au début c’était une danse qui était essentiellement masculine, vu l’énergie que cela demande, c’est une danse qui est née dans la rue, qui se dansait pratiqué par des groupes, et aujourd’hui cela a énormément évolué, on peut pratiquer le Hip Hop dans des cours de danse, partout, donc il y a de plus en plus de filles qui pratiquent le Hip Hop, au sol et même debout, et c’est très bien, ça fait du bien… Il y a des filles qui sont au même niveau que les garçons, il y en a moins, mais elles se défendent très bien…. Il y en a de plus en plus, dans la création, ou même dans les groupes qui sont constitué essentiellement que de filles… elles représentent aujourd’hui très bien la danse Hip Hop.

Je voulais juste revenir sur la question de l’évolution de cette danse. Elle est née au départ en banlieue dans les cages d’escalier, c’était notre conservatoire, il y avait effectivement ce défi avec nous-mêmes, de se surpasser, d’être le meilleur techniquement, au départ c’est une danse de compétition, une danse où on va affronter l’autre, on veut être meilleur que l’autre…c’était une force finalement parce qu’on avait un objectif à atteindre par rapport à l’autre.

Et la 2ème chose, c’était aussi un défi dans la société, c’était de vouloir exister, on est pour la plupart qui pratiquons le Hip Hop, originaires, on a des racines. Nés en France, mais issu de l’immigration, beaucoup ont grandi en banlieue avec ce sentiment d’exclusion, avec cette impression de ne pas être français, ne pas appartenir à la France, on était très déstabilisé.

J’ai 40 ans aujourd’hui et à l’époque, je faisais partie d’une génération où on était totalement perdue, et la danse Hip Hop nous a permis de se battre, de s’accrocher à quelque chose et en même temps on avait envie de prouver par cette danse qu’on peut exister, qu’on peut partager des choses, on peut s’exprimer.

Donc il y avait ces deux choses, l’envie de se dépasser techniquement, mais en même temps ce désir d’exister dans une société. Et ça c’est quelque chose qui a été important par rapport à l’évolution de l’histoire de la danse en France mais en même temps par rapport à l’évolution dans les quartiers de toute une génération qui était déstabilisée par rapport à l’histoire qu’on connaît.

Et 30 ans plus tard, il y a toujours ce même désir, à la fois faire en sorte que cette danse soit reconnue, accompagnée, vue par le plus grand nombre, et en même temps il y a cette envie de se surpasser sur le plan artistique.

Tant qu’il y a ces questions là, le Hip Hop a encore du chemin à faire, on ne veut pas s’enfermer, surtout pas, vous parliez tout à l’heure de cage, nous au contraire l’idée c’est de faire exploser cette cage, de vouloir continuer à grandir, à évoluer, on ne vient pas du conservatoire, on est parti de rien et aujourd’hui le Hip Hop est dans des centres chorégraphiques, et à travers le monde comme disait Salah, continue à être dans la rue et je crois que tout ça c’est à encourager, parce qu’il y a une réflexion, ce n’est pas improvisé, il y a quelque chose qui est très profond »

Salah : Le Hip Hop français, on est classé n° 1 au niveau groupe et Madonna a pris en tournée que des français pour sa dernière tournée, tous les français dans les films de danse Hip Hop sont des B-Boys français reconnus qui ont démarré dans les banlieues, dans les rues, dans les battles… mais au jour d’aujourd’hui, le problème c’est que les médias en Fance ne le montrent pas.

Par exemple si je vous parle du Japon et de la Corée, quand il y a un groupe qui gagne et qu’il est champion du monde, il y a toute une équipe, mais nous en France, parce qu’on est français d’origine Magrébine, peut être ils n’appuient pas autant, peut être que si je m’appelais Pierre Paul Jacques, ce serait différent. Quand vous voyez en Corée, au Japon ou aux Etats-Unis, un groupe qui gagne… les Jabbawockeez, maintenant ils ont un show à Las Vegas, c’est un groupe Hip Hop, ils ont réussi à avoir leur show à Las Vegas, c’est le seul groupe dans le monde à avoir fait ça, et nous en tant que français, le seul truc que je regrette, c’est que parfois les médias sont là pour nous casser… quand il y a des médailles et des champions du monde, on voit vite fait à la télé, ça dure 7 secondes au journal de 20h, merci au revoir, alors qu’en Corée il y a un documentaire, on explique d’où ils viennent, d’où ils ont commencé, ce qu’ils ont gagné.

Alors que le football… on voit les médias, ils sont à fond dedans et pourquoi pas pour les danseurs Hip Hop ? Comme tu disais le Hip Hop a été dans la rue, maintenant il est à Chaillot, à Créteil, partout dans les théâtres, il y a des fusions, le théâtre est à la télé, dans les films, dans la rue, il est partout »

Une femme : « Mais il y a quand même différents circuits, tu travailles avec un chorégraphe… une autre chose, c’est le système des battles, des compétitions, qui est un circuit parallèle… peut-être que les chorégraphes vont piocher ou passent des auditions, mais c’est quand même deux démarches différentes »

Salah : « ce sont deux démarches différentes, mais elles sont là, on ne gagne pas que dans des battles, il y a des concours chorégraphiques où les français ont gagné, maintenant il y a beaucoup de concours chorégraphiques internationaux… »

Une femme : « et est-ce que vous avez des agents, vous avez un coach, quelqu’un qui vous suit, un scénariste que tu vois sur scène…? »

Salah : « Oui certains danseurs font ça, il y a aussi des danseurs qui veulent rester secrets, qui ne veulent pas aller au delà du côté showbiz, ou aller à l’étranger, ils veulent rester dans l’underground, ils veulent garder ce côté un peu authentique, discret, c’est juste pour le fun, mais d’autres ont des agents, des scénaristes, des chorégraphes… Comme a dit Lilou, maintenant, c’est son gagne-pain, il vit avec.

Moi je ne pensais pas à l’argent avant, avant… Notre cage à nous, elle n’était pas à l’extérieur, elle était à l’intérieur… moi, j’étais très très timide, et je ne pouvais pas placer un mot, rien que de vous parler là, ce n’était pas possible pour moi, parce que j’étais frustré ou je n’arrivais pas à m’exprimer et justement quand tu connais ce que tu as acquis, tu sais que c’est un cadeau et que tu peux le véhiculer et c’est ça que les danseurs ont fait avec le sol, le break, la danse debout, ce n’est pas que de la chair, il y a une émotion, il y a un travail au delà, c’est pour ça que nous, notre cage elle est à l’intérieur, et on l’a explosé et on le fait véhiculer à l’extérieur »

La femme : « Comment as-tu connu la danse ? »

Salah : « Ca a été une révélation quand j’ai vu un danseur faire une wave, j’ai eu les larmes aux yeux, je suis tombé amoureux de son mouvement. Ce moment là, c’est rare que cela arrive, comme par exemple vous voyez un film ou vous entendez une chanteuse et vous avez des frissons, vous avez les larmes aux yeux …  Quand j’ai vu Walid faire la wave, j’ai eu ce frisson là et au jour d’aujourd’hui, il y a eu tellement de changement dans la danse, la danse Hip Hop a tellement été utilisée, médiatisée dans le bon sens et le mauvais sens que en ce moment je fais beaucoup de pas en arrière.

Pour vous dire qu’avant j’avais toujours un Ipod et des écouteurs, j’écoutais tout le temps la musique…je n’écoute plus. Maintenant, je n’écoute la musique que quand je dois donner des cours, et que je dois créer une chorégraphie ou un show, parce que au jour d’aujourd’hui, les clips, les médias, c’est beaucoup alcool, c’est beaucoup du nu, ce n’est plus le Hip Hop qu’on voyait avant, le Hip Hop qu’on voyait avant, Wu-Tang, c’était vraiment des phrases dures, cultes, NTM c’était pareil, mais il n’y avait pas cette facilité comme aujourd’hui. Avec Youtube, tu vas connaître quelqu’un qui a du talent, mais tu vas aussi voir certaines choses qu’on n’a pas besoin de voir.

Aujourd’hui, je voudrais être coach, continuer à donner des rêves par rapport à la créativité, plus dans les théâtres que dans les battles »

Mourad Merzouki : « Par rapport à la question du métier de danseur, c’est valable pour tous, peu importe d’où on vient, son histoire, ses racines, en général un enfant quand il dit à ses parents : “je veux faire de la danse”, ça fait peur, parce qu’on ne le voit pas comme un métier, mais ça c’est vrai que c’est un métier qui est très dur, pour en vivre… »

Salah : « ah ça c’est vrai que ce n’est pas facile… La danse en elle-même, en terme de travail, ce n’est pas facile. Bon Nono a été extrême, quand il dit il n’y a pas de vie, il n’y a pas d’amis, c’est à toi de faire ton planning, mais c’est vrai que tu n’as pas de vie privée, si tu es avec ton groupe et tu t’entraines, tu es tout le temps au charbon, parce que tu veux accéder à un niveau pour être le meilleur et être dans la liste n° 1. Ayez une sécurité, c’est très important, parce que la danse ce n’est pas facile »

Moi : « Ce que j’aime dans le Hip Hop, c’est l’énergie…, on sent vraiment à chaque fois une forte énergie dans cette danse, et ça me parle, et ce côté exploration, de toujours être à la recherche de différents mouvements, la part à l’improvisation, on voit que c’est né de la rue, que ce n’est pas dans une salle conventionnelle, et je pense que c’est cette énergie là que ça dégage…

Ma question c’est : est-ce que tu continues à danser dans la rue ? Quand tu voyages, est-ce que tu continues à danser dans les différents pays ? et qu’est ce que tu ressens ? est- ce que ce sont les mêmes émotions selon les pays ? »

Salah : « Je continue à danser dès que j’en ai envie, si je suis dans le bus et que j’ai mis mon Ipod et que je commence à écouter la musique, parfois je bouge les doigts, les gens me regardent, mais en fait, comme on dit le ridicule ne tue pas, et maintenant que je sais que j’ai quelque chose qui peut me permettre de faire véhiculer ce que j’ai envie, maintenant je le fais sans me dire oh c’est ridicule, tu te donnes en spectacle, donc des fois je suis dans le bus, ou à l’arrêt de bus, et je suis en train de faire ça, puis après je m’arrête, puis il y a des gens qui me regardent, puis je recommence, juste parce que j’ai envie de le faire, ou je commence à faire des « finger tutts », c’est des schémas avec les doigts.

Dès que j’ai un moment à l’étranger, j’essaie de le faire. Maintenant il y a l’Etat… qui nous empêche en France de faire des spectacles de rue, au Japon aussi c’est interdit, aux Etats-Unis, c’est un peu plus libre, mais ça dépend les spots, il faut avoir une licence, mais dès que je peux bien sûr je le fais parce que justement si tu arrives à continuer à danser dans la rue et à arrêter les gens, c’est que ce que tu as est encore un cadeau et les gens le comprennent. Si tu danses dans la rue et que les gens ne s’arrêtent pas, comme a dit Lilou : « poses-toi des questions », c’est exactement pareil que dans un battle »

Moi : « Effectivement j’ai l’impression que maintenant il y a un vrai problème au niveau de l’espace public, on a de moins en moins de liberté en fait… même à Paris, je voyais plus de gens danser dans la rue, et on en voit très peu maintenant… »

Salah : « Vous savez que Paris c’est le lieu culte du mime, des spectacles de rue, c’est la France, c’est Paris. A l’époque, en 80, les mimes ont ne les embêtaient pas… bon maintenant il y a carrément eu un business, il y a des gens qui ont vu ce business là, ils se peignent, ils ne bougent plus… ce ne sont pas des mimes ! mais ils rentrent dans ce contexte là parce qu’ils voient l’argent »

Moi : « C’est ça, il n’y a plus cette énergie là finalement… »

Salah : «  Oui il y a quelque chose qui est partie, hélas… c’est le business qui rentre… après tu as la survie aussi, en ce moment avec tout ce qui nous arrive et tout ce qui se passe…, mais faut pas lâcher »

Une jeune : « Est ce que tu peux nous dire ce que tu vas faire en Inde exactement ? »

Salah : « Ca fait 8 ans que les danseurs indiens, Bollywood aussi, ceux qui font les danses indiennes, ont été surpris par rapport à la vidéo Incroyable Talent, du concours télévisé que j’avais fait. A chaque fois ils me demandaient, mais j’étais aux Etats-Unis, en Russie, au Japon, et là, ils m’ont demandé de donner un stage, j’ai envoyé un message en leur demandant : vous avez bien un miroir ? Non il n’y a pas de miroir, c’est trop petit ! Pourquoi vous attendez combien de personnes ? là on en est à 200 mais il y a encore du monde. Je vais me retrouver à donner un cours à plus de 200 personnes et je ne peux plus faire mon programme, parce que j’ai fait un programme de physique Training Fitness et aussi par rapport aux bases qu’on donne dans le Hip Hop, mais il faut se regarder dans le miroir pour techniquement comprendre le mouvement et là je vais me retrouver avec 200-300 personnes, je ne sais pas ce que ça va faire… »

Mourad Merzouki : « En Inde, ce qui est assez incroyable, c’est un pays qui danse, ils vivent la danse, il y a quelque chose où culturellement la danse a une place assez incroyable, et tu verras quand tu vas donner un cours pour 200, 300, peut être 500 personnes, il y a une espèce de discipline, de rigueur, et tu vas avoir l’impression d’en avoir 3 en face de toi. C’est hyper agréable pour ça. Tous ont fait des castings pour des films bollywoodiens, tous rêvent d’être dans ces films-là, et ces films, c’est 1000, 1500, 2000 danseurs sur les plans… »

Salah : « et ils sont super carrés »

Mourad Merzouki : « il y a une espèce d’éducation, une qualité d’écoute, parce que t’imagines, les metteurs en scène quand ils doivent donner des tops, tout est réglé au peigne fin, donc je pense que tu devrais t’amuser, ne t’inquiète pas sur ça »

Salah : « de toute façon, je vous ramènerais une vidéo, ça va être filmé, ce sera intéressant de voir l’après… »

Une femme : « et Gluby, ton personnage existe encore sur scène ? »

Salah : « En fait j’ai été récemment blessé parce que après Incroyable Talent, il y a d’autres pays qui ont repris mon personnage et qui ont essayé de copier. Ce qui m’a blessé, c’est que Gluby, c’est le personnage qui m’a vraiment permis, au fond de moi, de dire mes peines, de partager ce que j’ai vécu avec mon père ça a été très dur et très long, pour lui prouver que ce que je fais, la danse, c’était pas pour les clubs, c’est pas le côté négatif qu’on voit dans certains côtés malsains, mais que la danse c’est un partage avant tout et que c’est une manière de s’exprimer sans parler, c’est le corps qui parle.

Et quand j’ai vu justement une, deux, trois personnes, copier, sans s’inspirer, ce personnage là a commencé à vouloir disparaître, donc j’ai pris du recul, j’ai arrêté ma tournée du jour au lendemain. Et là il est revenu, j’ai refait Gluby au Japon, il a été très apprécié au Japon. Mais ils sont vraiment différents au Japon, ils ne parlent pas, et c’est à la fin qu’ils t’applaudissent ou pas. Quand le directeur a vu le show, il m’a dit tu te rends compte ce que tu viens de faire aux japonais, tu les as rendu européens, du début jusqu’à la fin il y a eu des réactions, normalement les japonais n’ont pas de réaction, ils n’applaudissent qu’à la fin. Donc ça m’a un peu reboosté et prochainement, d’ici le 17 décembre, je vais refaire un passage sur M6, c’est le retour de tous les gagnants et donc vous verrez… »

Mourad Merzouki : « Gluby le retour… »

Salah : peut –être…peut-être que ce sera Gluby, ou ce sera moi, mais en tout cas, il y aura un come back »

Mourad Merzouki : « c’est vrai qu’on ne l’a pas vu assez en France le solo, on aurait aimé le voir un peu plus, du coup tu l’as exporté… »

Salah : « j’ai fait 2-3 dates en France, et ça a explosé… Ca c’est bien pour vous les jeunes, si vous commencez à créer quelque chose, un show, ou vous passez à la télé et vous commencez à devenir une célébrité, faites très attention, soyez bien entouré !

A un moment, j’ai vraiment eu peur, après Incroyable Talent, j’ai disparu pendant deux mois, j’ai continué les tournées avec Montalvo-Hervieu, mais j’ai flippé parce que quand tu sors dans la rue, tu as des gens  qui te sautent dessus, à la fois ils sont fans, mais ils sont maladroits, même le toucher, c’est plus un toucher, ils t’agrippent.

En fait, je suis partie en tournée à l’étranger, c’est pour ça que j’ai disparu de la France pendant plusieurs années. J’ai fait une tournée aux Etats-Unis, j’ai fait une tournée mondiale, et après je suis rentrée au cirque du Soleil, qui est aussi une grosse machine de guerre, à vivre, mais pas à refaire trois, quatre fois, parce que physiquement le corps subit. C’est vraiment la machine, tu répètes, tu répètes 2 show par jour, t’enlèves le maquillage, tu voyages, t’as pas la chance de côtoyer les gens à la fin… et la magie, c’est l’après show, c’est de vous parler, c’est ça l’échange pour moi, c’est de vous entendre sur ce que vous avez ressenti en voyant le film, en voyant le spectacle, mais au cirque du Soleil, tu enlèves le maquillage, tu prends le bus, tu ne vois personne, et c’est pour ça que j’ai arrêté.

Je ne pouvais pas faire ça parce que j’étais en train de tuer ma danse, et j’étais en train de tuer ces 10 ans de travail acharné que j’ai fait pour avoir l’échange avec le public, et de ne pas l’avoir eu, c’est pour ça que je vous dis à vous, les jeunes, soyez bien entouré. La danse, c’est magique, c’est féérique, c’est tout ce que tu veux, mais si tu l’utilises mal, c’est pas à bon dessein »

Moi : « Au niveau de la création, est-ce que tu pars plutôt de mouvements au départ, ou tu pars d’une idée quand tu créés ton spectacle ? Ton inspiration… »

Salah : « ouah…c’est une bonne question… comment je pourrais répondre à ça… »

Mourad Merzouki : « ton personnage par exemple, comment… »

Salah : « en fait Gluby, j’ai rêvé… dans mon rêve, je parlais à mes parents en ayant une voix de dessin animé, quand je me suis réveillé, je me suis dit, il faut que je trouve une solution…puis au fur et à mesure, j’ai commencé à… je faisais beaucoup de voix de dessins animés (il fait une voix de dessin animé) , puis après j’ai commencé à en changer, et comme je regarde beaucoup de films de sciences fictions, de dessins animés, de films avec des faits réels, je m’inspire beaucoup, et justement, au fur et à mesure, je fais ça en puzzle, une minute je fais un truc, après je raconte une histoire, mais j’arrive pas à faire d’un coup, j’ai jamais fait ça, ou crescendo… »

Moi : « oui tu composes… »

Salah : « oui, c’est ça, je compose… »

Une jeune : « merci à toi, je voulais dire que tu m’as énormément inspiré dans la danse, dans le Poppin, franchement je te remercie, j’aime beaucoup ce que tu fais, je te suis depuis Incroyable Talent jusqu’à aujourd’hui et je sais que tu fais le Puma The Quest et je voudrais savoir comment tu comptes avancer avec ça… »

Salah : « en fait, Puma, c’était un projet d’une agence qui m’a appelé, ils m’ont dit : “est ce que tu veux faire cette aventure avec Puma ?” et je leur ai dit, justement j’ai fait une vidéo pour Puma, parce que je portais beaucoup les baskets Puma, par rapport à ma danse, comme ma danse a changé au niveau de mes jambes, je ne pouvais plus porter des Nike air, parce que le devant c’était très solide et les Puma c’était très léger. J’ai dit, allez on change, puisque ma danse a changé, j’ai fait une vidéo, j’ai proposé une vidéo, j’ai rencontré les gens de Puma, on a fait ce projet là qui n’a duré que 3 mois »

Mourad Merzouki : « est-ce que tu peux expliquer le projet ? »

Salah : « On a mis en œuvre un concours en solo, chaque danseur devait mettre sa vidéo sur internet, et devait prouver à Puma qu’il était original et qu’il pouvait être l’un des élus pour avoir l’opportunité d’avoir un coach qui a de l’expérience et voyager avec eux pour faire 6 villes emblématiques du Hip Hop : Berlin, Londres, Tokyo, Los Angeles, New York et Paris.

Après les 250 vidéos qu’on a vu, on a choisi 20 danseurs, qu’on a vu en live… j’avais demandé ça parce que je voulais directement avoir le contact visuel et il y a eu de grosses mauvaises surprises, parce qu’il y a eu des vidéos incroyables, mais en live, rien… et il n’y en a que 5 qui on été pris, et la chance qu’on a eu c’est que les 5 venaient de différents horizons, on a eu Antoinette qui était Sénégalaise, Ska qui est vietnamien, Stéphane : belge, Sofiane : algérien et Lara Laquiz : française portugaise.

Ces 5 danseurs ont eu 3 mois de coaching, voyages, pour à la fin créer un show… c’était ça le projet…

C’était une grosse expérience en tant que coach chorégraphe, je pense à toi (en s’adressant à Mourad Merzouki) qui était danseur puis après chorégraphe, c’est du boulot d’être chorégraphe, même la position que tu as maintenant, franchement, mes respects…parce que coacher 5 danseurs, émotionnellement, c’est lourd. Ska, c’est un danseur qui m’a bluffé, puis il m’a ému parce qu’il m’a dit : j’ai rien, j’ai que ça et j’ai des factures à payer. Je lui ai dit : écoutes moi, fais-moi confiance, tu as tout ce qu’il faut pour avoir un beau métier, et quand tu as ça devant toi et que tu ne l’as jamais vécu, c’est comme si tu étais un grand-frère ou un père, et c’est lourd à entendre ce qu’il me disait, mais quand tu le voyais dans la rue, il se charbonnait sur du bitume, il faisait coupoles, couronnes, c’est une rotation circulaire à l’aide du dos et du front et croyez moi sur du bitume, tu le sens bien, il faisait tête, Thomas… Tandis que les autres, c’était un peu plus réservé : « oh non, il fait froid, faut que je me chauffe… ». Lui, direct, au charbon, et j’ai dit pour moi, à la fin de Puma The Quest : « tu es ma révélation, tu es celui qui a gagné », parce qu’il a pris tous les stages, on a fait des stages avec pleins de danseurs différents, des danseurs connus. Là maintenant il tourne et je pense que cela a changé sa vie, comme quoi avec la patience et surtout avec la détermination, tu peux vraiment aboutir à ce que tu as envie de faire, mais il faut être patient parce que c’est vraiment pas facile… et pour moi Puma The Quest ça a été une rencontre incroyable, au niveau de l’émotion ça a été lourd, quand je dis lourd, ça a été fort et dur à mon âge de subir… quand tu n’as pas l’habitude de coacher ou d’être chorégraphe, et que tu subis 5 personnes, complétement différentes… Ca te donne encore un aspect, comme quoi la danse Hip Hop n’a pas de limite, tu apprends avec tout …».

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